Auto-entrepreneur ou SASU : quand le changement a du sens

Changer de statut n'est pas toujours rentable. Voici le seuil de revenu à partir duquel ça devient intéressant — et ce que la gestion administrative coûte réellement.

4 min de lecture Adrien

La question finit par arriver pour tous les freelances : est-ce que je paierais moins d’impôts en société ?

Probablement oui, au-delà d’un certain seuil de revenus. La réponse longue inclut le coût pour y arriver.

Pourquoi une société peut réduire ta charge fiscale

En micro-entreprise, tout ton bénéfice est imposé comme revenu personnel. Le taux de cotisations sociales tourne autour de 22% selon l’activité, et l’impôt sur le revenu s’ajoute selon ta tranche — sans plafond.

Une SASU (ou EURL à l’IS) est une entité juridique distincte. Elle paye l’impôt sur les sociétés (15% jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25% au-delà). Tu te rémunères en combinant salaire et dividendes. Les dividendes sont soumis à la flat tax à 30%, pas aux cotisations sociales sur la partie travail.

L’économie vient de l’écart entre IS + flat tax sur dividendes versus les charges sociales + IR que tu paieras en micro sur le même montant.

À 80 000 € de CA, l’économie annuelle est typiquement de 3 000 à 8 000 € selon la structure salaire/dividendes. À 50 000 €, c’est plutôt 1 000 à 3 000 €. En dessous de 35 000 €, les chiffres justifient rarement le changement.

Ce qu’on sous-estime toujours : la gestion

Une société nécessite un expert-comptable. Ce n’est pas optionnel.

Il faut des comptes annuels déposés au greffe, une déclaration IS, des bulletins de paie si tu te verses un salaire, la TVA si tu es assujetti, et éventuellement les déclarations de dividendes. Un micro-entrepreneur peut s’en sortir avec un logiciel de facturation basique et sa déclaration de revenus annuelle. Une SASU non.

Honoraires d’un comptable pour une SASU simple : 1 500 à 3 500 €/an selon la région et la complexité. C’est la fourchette réaliste — pas les offres à 600 € qui ne couvrent pas le suivi mensuel.

Ajoute le temps : assemblées générales, procès-verbaux, suivi de trésorerie plus rigoureux, apprentissage d’un fonctionnement que tu n’as jamais eu. Tout ça s’empile sur les charges déjà intégrées dans le coût réel du freelance.

L’économie nette fond rapidement aux revenus intermédiaires. Une économie de 2 000 € moins 2 500 € de comptable moins 10 heures de ton temps au taux horaire — souvent, ça ne passe pas en dessous de 60 000 € de CA.

À partir de quand ça a du sens

Seuil approximatif : si ton bénéfice annuel dépasse régulièrement 60 000 à 70 000 €, une société génère une économie nette claire. En dessous, les frais de gestion mangent généralement la différence. Au-dessus, la structure se finance elle-même.

Deux autres raisons de créer une société indépendamment du revenu :

Protection du patrimoine. En micro, tu es personnellement responsable des dettes professionnelles. Une SASU sépare tes biens personnels de l’activité. Si tu signes des contrats avec une exposition financière significative, c’est important.

Exigences clients. Certaines grandes entreprises ont des politiques contre les contrats avec des personnes physiques. C’est moins fréquent qu’avant, mais ça existe.

Ni l’un ni l’autre n’est un argument fiscal. Ne les laisse pas remplacer un argument financier si les chiffres ne soutiennent pas le passage.

Le calcul à faire avant tout

Avant la question du statut, il faut connaître ton bénéfice annuel réel : chiffre d’affaires facturé moins les dépenses professionnelles réelles.

La plupart des freelances ont une idée approximative de leur CA, mais n’ont jamais calculé leur charge fiscale effective. La comparaison exige de vrais chiffres. Un revenu estimé produit des conclusions estimées.

Provisionner correctement pour les impôts est plus facile quand tu pars de données précises. La même précision compte ici : tu essaies de savoir si l’écart fiscal à ton niveau de revenu est suffisamment important pour justifier la charge structurelle.

Si les événements de ton calendrier sont tagués par client et statut de facturation, le CA facturé sur l’année est une requête de cinq secondes. La décision se prend d’elle-même — ou pas.


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